
Un intrus s'est glissé dans cette photo. Saurez-vous le retrouver ?
P.S. : les photos de classe de Sophie et de Lucas suivront (au rythme guyanais...)

Après la théorie à l'IUFM, voici venu le temps de la pratique via un stage de 3 semaines en responsabilité dans une classe de CM2. Pour ce baptême du feu, j'ai demandé Apatou, un patelin sur le Maroni, à la frontière du Surinam, à 2 heures de pirogue de Saint-Laurent. Ici, c'est le territoire des Bushinenge ou "Noirs marrons", c'est-à-dire les descendants des esclaves africains qui ont fui les plantations coloniales. Ils ont recréé un mode de vie à l'africaine, en mélangeant les traditions et la culture de diverses ethnies et tribus. Remonter le fleuve est l'occasion de découvrir une autre Guyane, totalement différente du littoral et de Cayenne, où l'on sent encore vibrer l'Afrique.
Deux fonctionnaires heureux (ici mon pote de promo Louis) se rendant sur leur lieu de travail.
Apatou, 3 000 habitants officiels, répartis sur plusieurs hameaux appelés "campoe" (prononcez campou).
Tous les matins, une flotille de pirogues amène les enfants des campoes environnants, jusqu'à 1 heure aux alentours. Ils remplissent pas moins de 3 écoles primaires (grand modèle) et 1 collège. Le fort taux de natalité s'explique par la culture bushinenge qui considère les enfants comme une "richesse".
C'est là que ces chères tête blondes, sous la férule (encore fébrile) d'un maître sévère mais juste, biberonnent à pleines goulées avides le savoir élaboré par nos experts et pédagogues parisiens. Choc culturel garanti !
Je n'insisterai sur le niveau scolaire désastreux : que signifie être élève au bord du Maroni, lorsqu'on n'a ni cartable, ni cahier, ni place pour travailler le soir ? Par contre la gentillesse, la malice de ces enfants sont délicieuses.